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Rencontre historique Paul BIYA-Nicolas SARKOZY à l'Elysée

Le Président de la République, S.E.M. Paul BIYA , s'est entretenu pour la première fois avec son Homologue français, Nicolas SARKOZY , dans l'après-midi du 26 octobre 2007 à l'Elysée.

Après le volet multilatéral à l'UNESCO le 23 octobre 2007, la rencontre entre les Présidents Paul BIYA et Nicolas SARKOZY était le grand moment attendu de la visite du Chef de l'Etat en France. Elle a eu lieu dans l'après-midi de vendredi, 26 octobre 2007. Arrivé à l'Elysée à 16 heures, le Chef de l'Etat, d'un pas alerte, a traversé la grande cour de cette prestigieuse enceinte au milieu d'une impressionnante haie d'honneur et sous le regard des hommes de médias. Au perron, l'attendait le Président Nicolas SARKOZY .

Une chaleureuse poignée de main entre les deux Hautes Personnalités pour immortaliser l'instant solennel, puis direction le salon pour le premier tête à tête Paul BIYA- Nicolas SARKOZY depuis l'arrivée de ce dernier au pouvoir au mois de mai dernier.

Trente cinq minutes plus tard,  les deux Chefs d'Etat, détendus, font à nouveau leur apparition au perron du Palais de l'Elysée. Chaleureuses accolades, cette fois, en signe d'au revoir et Nicolas SARKOZY regagne son bureau. Quant au Président Paul BIYA , c'est avec empressement qu'il accepte de répondre aux préoccupations  de la presse  élyséenne. Pendant une dizaine de minutes, sous une température de 12 degrés, sans manteau, le Chef de l'Etat va répondre sans détour aux questions qui lui ont été posées. Le contenu de ses entretiens avec Monsieur SARKOZY , les sujets de politique interne au Cameroun, notamment l'échéance présidentielle de 2011 et le fameux débat sur la révision de la Constitution ; la lutte contre la corruption, etc.

Le Président de la République était accompagné de MM. Jean Baptiste BELEOKEN , Directeur du Cabinet Civil ; René SADI , Ministre, Secrétaire Général adjoint de la Présidence de la République ; MENGOT Victor ARREY NKONGHO , Ministre chargé de Mission à la Présidence de la République et de l'Ambassadeur du Cameroun en France, Lejeune MBELLA MBELLA .

Une première depuis 20 ans


       Aussitôt revenu à l'Hôtel Plaza Athénée, lieu de sa résidence, le Président Paul BIYA va à nouveau se mettre sous les feux des cameras de la chaîne France 24 dans le cadre de l'enregistrement de l'émission Le Talk de Paris . Pendant 34 minutes, Ulysse GOSSET et son illustre invité vont aborder tous les sujets à caractère national et international et même d'ordre personnel. La lutte contre la corruption ; l'échéance présidentielle de 2011 et la question d'une éventuelle révision constitutionnelle ou celle du «  dauphinat  » ; le dialogue politique et l'éventuelle rencontre avec le président du SDF, John FRU NDI  ; le rapatriement des restes de l'ancien Président AHIDJO  ; la place des artistes au Cameroun ; le placement des cadres camerounais au sein des organisations internationales ; les conflits en Afrique et l'implication du Cameroun ; la question de l'immigration ; le débat en cours en France sur les tests ADN, etc.. En somme, une interview dense, enrichie par des questions de certains compatriotes de la diaspora tels que l'écrivaine Calixte BEYALA .  A vrai dire, c'est un grand coup médiatique que la jeune télévision France 24 a réalisé. Car c'est pour la première fois depuis 1986 que le Chef de l'Etat a accordé un entretien de cette envergure  à un média français. Pour marquer l'événement d'un sceau particulier,  France 24   a différé ce vendredi la diffusion de son émission hebdomadaire suscitée pour accorder toute l'attention nécessaire à ce prestigieux produit avant de le mettre à la consommation de ses téléspectateurs, en début de semaine.

     Après l'interview avec France 24 , le Président de la République et Madame Chantal BIYA, ainsi que les membres de la suite officielle se sont rendus au Quai d'Orsay pour prendre part au dîner offert en l'honneur du Couple présidentiel par le Ministre français des Affaires Etrangères, Bernard KOUCHNER .

Un agenda plein


      En réalité, le programme du Chef de l'Etat à Paris aura été particulièrement chargé tout au long de la semaine. En dehors des sorties à l'UNESCO , à l'Elysée et au Quai d'Orsay, le Président Paul BIYA a accordé de nombreuses audiences à des personnalités politiques de tous horizons, aux hommes d'affaires et autres. Ce ballet a été ouvert mercredi matin par le Secrétaire Général de la Francophonie, ABDOU DIOUF , venu rendre une visite de courtoisie au Chef de l'Etat. D'autres personnalités ont suivi. Il s'agit, entre autres, de M. Jean Marie BOCKEL , Secrétaire d'Etat français à la Coopération et à la Francophonie ; Guillaume Valery GISCARD D'ESTAING, PDG de SOFEMA, une société représentant des grands groupes aéronautiques ; Charles PASQUA , ancien Ministre de l'Intérieur ;  l'industriel français Vincent BOLLORE et M. Michel ROUSSIN , ainsi que la famille VERGNE dont la fille Laurence VERGNE a été assassinée par des bandits à Yaoundé au mois de janvier dernier.

 

Le Chef de l'Etat devant la presse au perron de l'Elysée



Question : Monsieur le président, que retenir de ce premier entretien avec le Président Nicolas Sarkozy ?

Le Président Paul Biya : Merci de l'opportunité que vous me donnez de m'adresser à la presse. Je suis à Paris, à l'invitation du président français, Monsieur Nicolas Sarkozy que je rencontre pour la première fois en sa qualité de chef de l'Etat français. Mes premiers mots seront d'ailleurs de le remercier pour cette invitation et pour cet entretien. Nous avons entre la France et le Cameroun des liens anciens tissés par l'histoire, la culture, la coopération. Nos entretiens ont donc porté d'abord sur une sorte de revue de la coopération bilatérale entre la France et le Cameroun. Nous sommes parvenus à la conclusion que cette coopération se portait très bien. Vous savez, le Cameroun, comme beaucoup de pays africains, a traversé une période économique difficile du fait des programmes d'ajustement structurel dus à la crise économique. Eh bien, la France a été présente, elle nous a soutenus et aidés. Je tenais à en remercier le président. Le deuxième volet de nos entretiens portait sur l'Afrique. Nous avons dit au président de la République Française notre appréciation du fait qu'il place l'Afrique parmi ses priorités. Toute l'Afrique est sensible à ce choix et plus particulièrement, nous lui avons dit notre appréciation pour les actions qu'il a entreprises en liaison avec les autres partenaires européens, pour essayer d'apporter une solution à des situations de crise, telles qu'au Darfour, au Tchad et en RCA. Nous lui avons dit notre reconnaissance et nous avons demandé qu'il continue à nous soutenir dans les instances internationales. J'ai évoqué également un problème particulier, le problème des Accords de partenariat économique. C'est trop technique, mais ce que je puis dire, c'est que nous sommes assurés de l'appui du président de la République. Cet entretien qui était le premier que j'ai eu avec le président Sarkozy dans cette fonction a été mené dans un climat de cordialité, d'amitié et de compréhension.

Question : Monsieur le président, envisagez-vous la possibilité de modifier la Constitution en vue de briguer un nouveau mandat en 2011 ?

Le président Paul Biya : C'est un débat qui a lieu au Cameroun. Je voudrais simplement rappeler que j'ai été élu pour un mandat de sept ans. Nous sommes en mi-mandat et pour moi, le problème des prochaines élections n'est pas tout à fait d'actualité. Les élections présidentielles camerounaises sont certaines, mais lointaines. 2011, c'est assez lointain, et dans l'immédiat, j'ai des priorités : la lutte contre le SIDA ; la lutte contre la pauvreté ; la lutte pour le bien-être des Camerounais ; la lutte pour la stabilité et la sécurité en Afrique. Je crois qu'on ne peut pas inverser les priorités. Les élections se feront avec qui, je ne sais pas, mais l'urgence maintenant, c'est de redresser l'économie.

Question : Peut-on penser à une éventuelle visite du président Sarkozy au Cameroun dans les prochains mois ?

Le président Paul Biya : Vous me donnez l'occasion de vous informer que j'ai terminé nos entretiens en invitant le président de la République française à effectuer une visite officielle au Cameroun et j'ai le plaisir de vous dire que cette invitation a été acceptée.

Question : Envisagez-vous de poursuivre la lutte contre la corruption ?

Le président Paul Biya : Bien sûr, la lutte contre la corruption continue. Après le remaniement du gouvernement auquel j'ai procédé le mois dernier, j'ai tenu une réunion ministérielle et la lutte contre la corruption figurait parmi les priorités de l'action de ce gouvernement. Redressement économique, lutte contre la corruption et amélioration du bien-être des Camerounais, c'était le programme en trois points.

Question : Quelle pourrait être votre contribution à la résolution du conflit frontalier entre la Gabon et la Guinée Equatoriale sur l'île de Mbanié ?

Le président Paul Biya : Je suis en contact avec le président Bongo qui est le doyen des Chefs d'Etat africains et avec le Président Obiang Nguema. Je les vois l'un et l'autre. Nous conseillons la négociation et la concertation. A un moment donné, l'ancien Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan s'était impliqué dans la résolution de ce conflit, mais son mandat allait se terminer. Nous leur conseillons la concertation et nous allons continuer à le faire. Je pense que ce problème pourra être résolu s'il y a de la bonne volonté.

Question : Pourriez-vous leur conseiller d'emprunter la voie que vous avez choisie pour le problème de Bakassi ?

Le Président Paul Biya : Je n'ai pas à leur proposer un modèle. Ce que nous cherchons, c'est la solution du problème. Ils ont suivi le conflit de Bakassi et ses conclusions. A eux de voir s'ils peuvent s'en inspirer

Question : Vous avez dit que l'Afrique en général et le Cameroun en particulier est une priorité pour la France, est-ce que la France est aussi une priorité pour le Cameroun ?

Le président Paul Biya : La réciproque est vraie monsieur.